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Le parcours que les opérateurs du projet "Foyer-Lakay" de Port-au-Prince accomplissent chaque jour avec les enfants des rues de la ville est marqué par des étapes simples et précises qui culminent dans l’assomption d’un engagement de la part du jeune.
La "rue", la "cour" et la "lakay (maison)", ne sont pas uniquement des lieux physiques; ce sont également des étapes au moyen desquelles les jeunes sont invités à s’assumer progressivement des responsabilités. "Tous nos efforts sont dépliés pour que les jeunes entrent dans la "lakay", où ils vont tous à l’école, apprennent un métier et font partie d’un groupe social. L’entrée dans la "lakay" est marqué par une célébration/rite très explicative", précise
le père Stra, directeur de
l’œuvre salésienne de Port-au-Prince - Enam et coordinateur du projet "Foyer-Lakay".

Père Attilio Stra
Le feu, l’étreinte et la signature caractérisent l’entrée dans la "lakay". Les jeunes arrivent vêtus pauvrement, généralement avec les habits sales et en haillons. Au moment d’entrer dans la "lakay", ils sont invités à se mettre devant un petit feu, à brûler l’un de leurs habits, généralement une chemise, et à sauter au delà du feu. "C’est un geste symbolique de purification auquel les jeunes sont préparés à l’avance", explique le père Stra. Puis
une éducatrice embrasse le jeune et lui offre une chemise
nouvelle, et un éducateur, après avoir embrassé à son tour le jeune, lui donne une paire de chaussures. "Nous organisons les jeunes par groupes de 15 ou 16 personnes, coordonnées par une éducatrice et par un éducateur, de manière à favoriser un équilibre psychoaffectif et reconstruire une ambiance de famille", spécifie le père Stra.
Le jeune s’assoit à une table et signe un engagement contenant trois ‘commandements: ne mens pas, ne vole pas et respecte tous et tout. La célébration d’entrée dans la "lakay" est ensuite complétée par la fête de la communauté.
La vie de la "lakay" est caractérisée par six aires: l’écoute-accueil-dialogue; le lien avec la famille d’origine qui se concrétise par des visites et des rencontres mensuelles et en quelques circonstances particulières; la formation scolaire et professionnelle; la socialisation; l’indépendance économique; et l’évangélisation, entendue comme transmission de l’évangile et de ses valeurs.
"Aujourd’hui, 15 de nos 50 opérateurs sont des anciens enfants des rues; cette année, nous aurons le premier ingénieur qui obtiendra sa licence et deux jeunes qui ont demandé à entrer au Séminaire", affirme le père Stra. Voici les fruits les plus éclatants du travail que nous effectuons. Le père Stra admet que la difficulté la plus grande consiste à insérer les jeunes dans le monde du travail, étant donné que 70% des habitants sont au chômage.
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